La situation est critique en Afrique australe. Face à l’ampleur des dégâts causés par les inondations qui frappent le pays depuis le mois de décembre, l’Afrique du Sud a officiellement instauré, ce dimanche, l’état de catastrophe nationale.
Si le Zimbabwe voisin est également touché, c’est le Mozambique qui paie actuellement le plus lourd tribut humain : selon le dernier bilan communiqué par Maputo, plus de 100 personnes ont déjà perdu la vie.
Sur le terrain, la détresse est immense. Selon Guy Taylor, de l’Unicef Mozambique, les centres d’hébergement d’urgence sont saturés et de nombreuses zones restent inaccessibles. « Beaucoup de gens sont encore complètement isolés et attendent des secours », alerte-t-il, soulignant l’urgence vitale pour les enfants atteints de malnutrition aiguë sévère qui dépendent d’aliments thérapeutiques désormais difficiles à acheminer.
À cette crise humanitaire s’ajoute une menace sanitaire imminente. Le Mozambique luttait déjà contre des foyers de choléra avant ces intempéries. L’Unicef craint désormais une accélération de la propagation de la maladie et d’autres pathologies liées à l’absence d’eau potable. L’accès aux soins et aux vaccinations d’urgence est devenu une priorité absolue pour les équipes de secours.
Le choc est également économique et alimentaire. Selon le Programme alimentaire mondial (PAM), pas moins de 70 000 hectares de cultures ont été submergés par les eaux. Dans un pays comme le Mozambique, où la majorité de la population dépend d’une agriculture de subsistance, les conséquences sont désastreuses. Des dizaines, voire des centaines de milliers de personnes, pourraient voir leur sécurité alimentaire gravement compromise à court terme.
Au total, l’Unicef estime que plus de 430 000 personnes sont affectées dans le pays. Un chiffre qui pourrait encore grimper avec la saison des cyclones, de nouveaux événements climatiques extrêmes étant redoutés par les experts.
La solidarité régionale s’organise malgré les difficultés. L’Afrique du Sud a dépêché des équipes de secours dans le sud du Mozambique après la disparition d’une voiture transportant cinq membres d’une délégation sud-africaine, emportée par les eaux à Chokwe, à 200 kilomètres de la capitale.
Côté sud-africain, les autorités poursuivent les recherches pour retrouver des survivants et récupérer des corps, bien que les eaux commencent à refluer dans certaines zones. Signe d’une timide amélioration, le célèbre parc national Kruger, fermé depuis jeudi, a annoncé une réouverture progressive de ses portes dès demain. Pour l’ensemble de la région, le défi de la reconstruction et de la prévention sanitaire ne fait pourtant que commencer.
Tenplar Ngwadi
