Le ton est monté d’un cran dramatique entre Islamabad et Kaboul. Le gouvernement pakistanais a officiellement déclaré, ce vendredi 27 février 2026, une « guerre ouverte » aux autorités talibanes. Cette proclamation fait suite à une offensive lancée la veille par les forces afghanes à la frontière séparant les deux pays.
La réponse du Pakistan, puissance nucléaire, ne s’est pas fait attendre. Dans la nuit de jeudi à vendredi, l’armée pakistanaise a mené des frappes aériennes sur plusieurs sites stratégiques en Afghanistan, ciblant notamment la capitale, Kaboul, ainsi que Kandahar, fief du chef suprême des talibans, Hibatullah Akhundzada.
Sur les réseaux sociaux, les dirigeants pakistanais ont affiché une fermeté absolue. « Notre patience a atteint ses limites. C’est désormais la guerre ouverte entre nous et vous », a martelé le ministre de la Défense, Khawaja Asif, sur son compte X. De son côté, le Premier ministre Shehbaz Sharif a renchéri en affirmant que ses troupes disposaient de « toute la capacité nécessaire pour écraser toute ambition agressive ».
Sur le terrain, l’intensité des affrontements reste vive. Des journalistes de l’AFP présents près du poste-frontière de Torkham ont rapporté des tirs d’artillerie et des coups de feu vendredi matin. À Kaboul, des explosions et le vrombissement des avions de chasse ont déchiré le ciel jusqu’à l’aube. Malgré ce déluge de feu nocturne, un calme précaire est revenu dans les rues de la capitale au lever du jour, en ce vendredi de Ramadan, sans déploiement massif apparent des forces de sécurité.
Les relations entre les deux pays se sont considérablement dégradées depuis le retour des talibans au pouvoir en 2021. Les points de passage terrestres sont quasiment paralysés depuis des combats meurtriers en octobre dernier, qui avaient causé plus de 70 morts.
Cette nouvelle flambée de violence s’inscrit dans un cycle de représailles ininterrompu. L’assaut afghan de jeudi répondait lui-même à des bombardements pakistanais effectués le week-end précédent dans les provinces de Nangarhar et de Paktika. Selon l’ONU, ces frappes présentées par Islamabad comme une riposte à des attentats-suicides auraient tué au moins 13 civils, tandis que les autorités talibanes avancent un bilan de 18 victimes. Autrefois alliés, le Pakistan et l’Afghanistan s’enfoncent désormais dans une confrontation frontale dont l’issue demeure incertaine.
Tenplar Ngwadi
