« En ce jour important pour la presse congolaise, je prends la parole avec gravité, mais aussi avec détermination, à l’occasion de la relance officielle du processus d’octroi de la carte de presse en République démocratique du Congo ».
C’est la déclaration faite le 26 décembre 2026 à Kinshasa par le président de l’Union nationale de la presse du Congo (UNPC), Kamanda wa Kamanda Muzembe. Il s’est exprimé à l’occasion du lancement du processus de l’octroi de la carte de presse en République Démocratique du Congo près de trois ans après sa suspension.
« Je tiens, au nom de l’Union Nationale de la Presse du Congo, à exprimer notre reconnaissance appuyée au Ministère de la Communication et Médias, pour son accompagnement institutionnel et politique dans ce processus. Cet appui traduit une volonté claire des pouvoirs publics de voir émerger une presse responsable, professionnelle et pleinement engagée dans la consolidation de l’État de droit et de la démocratie dans notre pays ».
Le président de l’UNPC a adressé ses remerciements également aux partenaires, notamment Internews et l’UNESCO, dont l’engagement constant aux côtés de la presse congolaise contribue au renforcement de la liberté d’expression, de la professionnalisation des médias et de la protection des journalistes. Leur soutien est un signal fort de solidarité internationale envers une presse congolaise appelée à jouer un rôle stratégique dans le développement national.
La suspension du processus d’octroi de la carte de presse, intervenue le 3 janvier 2022, sur recommandation du Comité scientifique des États généraux de la Communication et des Médias, n’était pas une décision de circonstance. Elle répondait à une exigence politique et morale : celle de refonder le cadre de reconnaissance du journaliste congolais, de mettre fin à la confusion des rôles et de restaurer l’autorité de la profession dans l’espace public.
« Nous avons assumé cette suspension avec courage, parce qu’il fallait rompre avec des pratiques qui fragilisaient la crédibilité de la presse et exposaient le métier à la banalisation, à l’instrumentalisation et parfois à la dérive ».
Aujourd’hui, la relance du processus d’octroi de la carte de presse, à travers la mise à disposition du formulaire officiel de demande de carte, marque une étape décisive. Elle symbolise une reprise maîtrisée, encadrée et responsable. Elle traduit la volonté de l’UNPC, en concertation avec les institutions de la République et les partenaires, de remettre de l’ordre, de la rigueur et de la transparence dans l’accès au statut de journaliste professionnel, a ajouté Kamanda wa Kamanda.
« La carte de presse n’est ni un privilège, ni un acquis automatique. Elle est un acte de reconnaissance de l’État et de la profession, mais aussi un engagement politique au sens noble du terme : celui de servir la vérité, d’informer avec responsabilité et de contribuer à la stabilité, à la cohésion sociale et à la paix ».
À travers cette relance, l’UNPC affirme clairement que le journalisme ne peut être un espace de l’improvisation, de l’usurpation ou de l’irresponsabilité. La liberté de la presse est un pilier de la démocratie, mais elle va de pair avec la discipline professionnelle, l’éthique et le respect des lois de la République. Il en appelle donc à la responsabilité collective de tous les acteurs : journalistes, responsables des médias, organisations professionnelles et partenaires.
Cette relance doit être comprise comme un choix politique en faveur d’une presse crédible, forte et respectée, capable d’accompagner les transformations de notre pays et de défendre l’intérêt général. L’UNPC prendra toute sa part dans ce combat pour la dignité et l’autorité de la profession journalistique.
La Gazette du Continent
