Les émeutes du 4 janvier 1959 ont marqué un tournant décisif vers l’émancipation du Congo, elles ont constitué le véritable coup d’envoi de la décolonisation du Congo belge.
Le 4 janvier 1959 à Léopoldville, il fait une chaleur étouffante , les militants de l’Abako (l’Alliance des Bakongos) veulent aller entendre leur représentant qui est allé au Congrès Panafricain d’Accra, Gaston Diomi.
L’Abako ,en date du 4 janvier 1959, devait tenir une réunion mais le samedi 3 janvier, veille de la réunion, vers midi, Monsieur Kasa-Vubu , revenant de service, reçoit une lettre de M. Tordeur, premier bourgmestre, qui interdit le meeting et propose la date du 18 janvier 1959.
Les autorités coloniales craignaient les troubles à l’ordre public, une semaine plus tôt, Lumumba avait parlé devant une foule de dix mille auditeurs , la foule avait réagi par des acclamations » dipenda, dipenda « , une déformation en lingala du mot français indépendance ; peut-être est-ce pour cette raison que le bourgmestre principal de la ville, le Belge Jean Tordeur, a décidé qu’il valait mieux que le meeting prévu dans la journée n’ait pas lieu.
Une mesure de sécurité , il n’a pas envie de fauteurs de troubles. Joseph Kasa-Vubu président général, accompagné de M. Nzeza-Nlandu et de M. Kingotolo Antoine , ovationnés ,sont venus calmer la foule en colère. Kasavubu dit à la foule mobilisée que le meeting ne peut malheureusement pas avoir lieu.
Cela provoque des protestations, il essaie de calmer les foules en leur disant : « Ayez foi dans l’indépendance, vive l’indépendance ». Les militants en colère se mettent à crier « Vive l’indépendance », Attaquons les Blancs , un mouvement de panique s’ensuit , la police tire en l’air.
Au même moment, le 4 janvier 1959, le stade Roi-Baudouin était remplit pour un match important du championnat de football congolais, le stade de football se vide ,les supporters se joignent aux partisans de l’Abako. C’est le football qui tiendra lieu de poudre à canon.
La police tire à balles sur les manifestants, des milliers et des milliers de congolais se mettent à piller. Tout ce qui est belge doit y passer. 47 morts et 241 blessés du côté congolais, d’après les chiffres officiels. Les autorités coloniales ont mis trois à quatre jours pour reprendre le contrôle de la ville.
C’est finalement le 30 juin 1960 que le Congo accédera à son indépendance.
Jean-Claude Mass Mombong
